Stratégie de décaissement: Comment payer moins d’impôts à la retraite

Ce guide compréhensif contient tout ce dont vous avez besoin pour établir les fondations de votre plan de décaissement à la retraite. Vous apprendrez comment structurer votre plan de retraite de façon à minimiser les impôts à payer.

Personne n’aime payer d’impôts. C’est frustrant, c’est déprimant et certains disent que c’est anticonstitutionnel. Malheureusement, on n’a pas le choix…

Heureusement, vous n'êtes pas obligé de payer plus que votre juste part. Mais attention : ce n'est pas le gouvernement qui va vous dire comment optimiser votre fiscalité. C'est à vous de vous informer ou de travailler avec un professionnel qualifié.

Le problème ? Peu de planificateurs financiers se spécialisent dans le décaissement à la retraite. La plupart se concentrent sur l’accumulation d'actifs, mais bien moins nombreux sont ceux qui savent comment structurer efficacement vos revenus une fois à la retraite.

Cet article passera en revue ce que je considère être les considérations essentielles dans la planification fiscale du revenu à la retraite.

Il s’agit d’une extension à mon article précédent dans lequel j'expose l’importance cruciale de bien planifier ses premières années de retraite. Je vous suggère de lire cet article avant d’aller plus loin.

Je partage aussi une analyse de cas à la fin pour voir comment le tout peut s’appliquer en pratique.

Objectif: Apprenez comment réduire vos impôts à la retraite

À la fin de cette lecture, vous devriez être capable de répondre à ces questions essentielles:

  • Comment réduire mes impôts à la retraite pour ne payer que ma juste part ?

  • Comment structurer ma stratégie de retrait REER?

  • Comment structurer mon plan de décaissement efficacement ? (Quelles sources de revenus utiliser en premier ? Quel montant ? Lesquelles différer ?)

Avant d'aller plus loin, posez-vous cette question: "Quelles stratégies ont été mises en place pour structurer mes revenus de retraite le plus efficacement possible et pourquoi est-ce que c’est organisé comme ça ?"

Cette question est pertinente que vous soyez déjà retraité ou proche de l’être.

Si vous (ou votre conseiller) ne pouvez pas y répondre clairement, il y a très probablement place à amélioration dans la planification de votre retraite. Et la différence peut être significative.

Points clés à retenir: Les 10 Commandements de la planification fiscale à la retraite

  1. Envisagez le report de vos rentes RRQ et SV. Ainsi, vous transférez une grosse partie du risque d’investissement au gouvernement, vous améliorez la longévité de votre plan et vous créez des occasions de planification fiscale additionnelles. 

  2. Identifiez le niveau de revenu imposable qui vous permet de garder votre taux d’imposition relativement stable sur la durée de la retraite.

  3. Surveillez attentivement votre niveau de revenu net. Plusieurs crédits d'impôt et prestations gouvernementales sont calculés en fonction de ce montant.

  4. Faites attentions aux dividendes canadiens dans vos comptes non enregistrés. Leur majoration peut affecter votre revenu net et vous faire perdre certains avantages fiscaux.

  5. Utilisez les revenus les moins efficaces fiscalement (REER, FRV) dans les tranches inférieures.

  6. Complétez vos revenus avec des sources fiscalement avantageuses (NE, CELI).

  7. Ne tardez pas à retirer des REER. Attendre à 72 ans peut mener à une surprise fiscale désagréable.

  8. Fractionnez vos revenus avec votre conjoint(e) pour égaliser vos revenus et optimiser votre imposition.

  9. Profitez du crédit pour revenu de pension admissible en convertissant au moins 2 000 $ de REER en FERR à partir de 65 ans.

  10. Prévoyez vos impôts ! À la retraite, la responsabilité de provisionner vos impôts vous revient.

Comprendre l’imposition de vos revenus à la retraite

Pour bien comprendre comment optimiser votre plan de décaissement, il faut commencer par comprendre comment vos revenus sont imposés à la retraite et comment fonctionne le système d’impôt canadien.

Au Québec et au Canada, il faut payer de l’impôt sur les revenus gagnés.

Le montant d’impôt que vous devez payer est calculé en fonction de votre revenu imposable.

Trois niveaux à surveiller

1. Revenu Total

C'est la somme de toutes vos sources de revenus annuels (ligne 15 000 du rapport d’impôt fédéral).

2. Revenu net (très important!)

C’est votre revenu total moins certaines déductions admissibles (cotisations REER, RRQ, intérêts déductibles, etc.).

Vous pouvez identifier votre montant de revenu net pour une année donnée en consultant la ligne 23 600 de votre rapport d’impôt fédéral.

Le montant inscrit à la ligne 23 600 est très important. Plusieurs crédits et prestations gouvernementales en dépendent.

Par exemple, si ce chiffre est trop élevé vous pourriez perdre certains crédits d’impôts, voire même devoir rembourser une partie ou la totalité des paiements que vous recevez de la pension de sécurité vieillesse

💡En 2025, si votre revenu net atteint 93 454 $, vous devez commencer à rembourser une partie de votre pension de vieillesse (SV). Si vous atteignez 151 668 $, vous devez la rembourser en entier.

Comme nous le verrons plus loin, il est essentiel de contrôler votre niveau de revenu net sur la durée totale de votre retraite. Cela permet d’éviter de très mauvaises surprises plus tard.

3. Revenu imposable 

C'est votre revenu net moins les déductions fiscales applicables au revenu net (ligne 26 000 du rapport d’impôt fédéral).

C'est sur cette base que vos impôts sont calculés.

Pour la vaste majorité des retraités, le revenu imposable et le revenu net vont être le même montant.

👉 Consultez le tableau ci-dessous pour visualiser les différentes sources de revenus et déductions communes à la retraite.

Calcul de l'impôt sur le revenu à la retraite

Maintenant que nous comprenons mieux comment le revenu imposable est calculé, voyons comment il impacte votre taux d’imposition et comment optimiser votre stratégie fiscale.

Système d’impôt progressif canadien et provincial

Le système d’impôt canadien est ce qu’on appelle un système d’impôt progressif, ce qui veut simplement dire que votre taux d’imposition devient plus élevé au fur et à mesure que votre revenu imposable augmente et excède les “brackets” (tranches fiscales). 

Le Canada et le Québec ont leurs propres tranches d’impôt qui sont atteintes à des niveaux de revenus imposables différents. Le Québec a 4 brackets et le fédéral a 5 brackets.

Le tableau ci-dessous présente les taux d’imposition combinés pour 2025 (fédéral et Québec).

L’importance du crédit personnel de base

Remarquez qu’il n’y a aucun impôt à payer pour les 16 129 premiers dollars gagnés. C’est ce qu’on appelle le crédit d’impôt personnel de base.

J’y reviendrai plus tard, mais gardez en tête ici que si vous êtes capable de commencer l’année avec 0$ de revenus imposables, vous avez l’occasion de retirer 16 129$ libre d’impôt de votre REER en 2025.

Où se situent la majorité des retraités québécois?

La majorité des retraités québécois se situent souvent dans les 2 premières tranches du fédéral, soit un revenu imposable entre 16 130$ et 106 495$.

Maintenant qu’on a une meilleure compréhension du système d’impôt canadien, il importe de bien comprendre la distinction entre “taux marginal d’imposition” et “taux moyen/effectif d’imposition”.

Taux moyen vs Taux marginal: Quelle est la différence et pourquoi est-ce important?

Avant d’optimiser votre plan de décaissement, il est essentiel de distinguer deux notions clés:

  • Taux marginal d’imposition: Le taux marginal d’imposition est le pourcentage d'impôt appliqué au prochain dollar que vous gagnez. Autrement dit, il correspond à l'impôt que vous payez sur vos revenus les plus élevés.

  • Taux moyen d’imposition (taux effectif): Le taux moyen d’imposition (ou taux effectif) est le pourcentage moyen d'impôt payé sur l’ensemble de votre revenu imposable. Il se calcule en divisant le montant total de l'impôt payé par le revenu imposable.

Par exemple, si votre revenu imposable est 70 000$, l’impôt (avant les crédits d’impôt) est 15 364$. Le taux moyen d’imposition est (15 364 / 70 000 x 100) = 21,94%.

L’impact du taux marginal sur vos décisions fiscales

Le taux marginal est crucial, car il détermine combien d'impôt vous paierez sur vos prochains revenus.

  • Avec un revenu de 70 000 $, votre dernier dollar est imposé à 36,12 %.

  • Tout revenu supplémentaire jusqu'à 106 495 $ sera imposé à ce taux.

Pourquoi c’est important?

La plupart des stratégies de planification fiscale sont conçues pour réduire les impôts en manipulant votre revenu pour éviter les tranches d’imposition plus élevées.

Pour le moment, retenez ceci: Une bonne planification fiscale à la retraite cherche à maintenir un taux d’imposition stable et prévisible, plutôt que de subir de fortes fluctuations.

Maintenant que vous comprenez ces concepts essentiels, passons en revue la fiscalité des différentes sources de revenus à la retraite.

Imposition des différentes sources de revenu à la retraite

Contrairement à votre vie active, où votre revenu provenait probablement de votre salaire, à la retraite, vos revenus peuvent et vont provenir de plusieurs sources.

Certaines sont pleinement imposables, d’autres partiellement, et certaines ne le sont pas du tout. 

1. Revenus pleinement imposables

La majorité des retraités tirent l’essentiel de leur revenu de sources entièrement imposables.

Chaque dollar provenant de ces sources est intégré à votre revenu imposable (1 pour 1) :

  • Prestations du RRQ (Régime de rentes du Québec);

  • Prestations de la Pension de Vieillesse (SV);

  • Prestations reçus d’un fonds de pension d’employeur;

  • Revenus d’un immeuble locatif;

  • Retraits des comptes enregistrés (REER, FERR);

  • Retraits des comptes enregistrés immobilisés (CRI/FRV);

  • Revenus d’intérêts et dividendes étrangers issus de comptes non enregistrés

2. Revenus partiellement imposables

Les investissements hors des comptes enregistrés (ex : REER, CELI) génèrent des revenus imposables annuellement. Selon leur nature, ils sont imposés différemment :

Si vos investissements sont entièrement dans le CELI et le REER, sentez-vous libre de sauter cette section puisque ça ne s’applique probablement pas à vous.

Imposition des placements non enregistrés

Source: Kristopher Lepage, Pl. Fin.

  • Intérêts: Les instruments de revenu fixe comme les obligations, les comptes épargnes et les certificats de placement garanti produisent des revenus d’intérêts pleinement imposables.

  • Dividendes canadiens: Le montant de dividende que vous recevez est d’abord “majoré” dans l’inclusion de votre revenu net. Vous recevez ensuite un crédit d’impôt qui vient réduire directement l’impôt à payer.

💡 Un point important à retenir ici est que le montant majoré du dividende reçu est inclus dans le calcul de votre revenu net. Alors, les revenus de dividende pourraient être un désavantage si vous essayez de maintenir votre niveau de revenu net bas.

Souvenez-vous que plusieurs mesures socio fiscales sont testées en fonction du revenu net.

Par exemple, 10 000$ reçu en dividendes déterminés doit être majoré de 38% (3 800$), ce qui résulte en une inclusion de 13 800$ dans le calcul de votre revenu net.

Cette augmentation pourrait contribuer à éroder des choses comme votre crédit en raison de l’âge ou vos prestations de SV ou même vous propulser vers une bracket d’imposition plus élevée. 

Moral de l’histoire: Les dividendes canadiens, en raison du crédit d’impôt, peuvent être efficaces fiscalement, mais il faut toujours tenir compte de leur impact sur le revenu net.

  • Dividendes étrangers: Si vous recevez des dividendes d’une société étrangère (ex: Apple, Microsoft, Tesla…), le traitement fiscal est moins avantageux. Sans aller trop dans les détails, les dividendes étrangers sont imposés comme un revenu d’intérêt. C'est-à-dire qu’ils sont pleinement imposables.

  • Gains en capital: Lorsque vous vendez quelque chose (ex: une action ou une résidence secondaire) plus cher que ce que vous l’avez payé, vous réalisez ce qu’on appel un gain en capital. Si l’inverse se produit, vous réalisez une perte en capital. Les revenus d’intérêts et de dividendes sont imposés l’année où vous les recevez. Les gains en capital, quant à eux, sont imposables seulement lorsqu’ils sont réalisés. Et, seulement 50% du gain en capital réalisé doit être inclus dans votre revenu imposable.

💡 Les stratégies d’investissement de style croissance ont tendance à produire majoritairement du gain en capital. Souvent, il est préférable de détenir prioritairement ce type d’investissement dans les comptes non enregistrés. C’est plus efficace fiscalement.

💡 Les pertes en capital peuvent être utilisées pour compenser les gains en capital réalisés. Lorsque vous réalisez des pertes en capital, vous pouvez les utiliser dans l’année fiscale en cours ou les appliquer aux 3 années fiscales précédentes ou les reporter pour les années suivantes indéfiniment. Parfois, il peut être songé de réaliser volontairement des pertes en capital pour compenser des gains en capital.

Revenus non imposables

Difficile à croire (puisque tout est imposable au Canada), mais certains types de revenus sont exempts d’impôt.

Voici une liste des revenus non imposables les plus communs:

  • Retraits CELI;

  • Prestations d’assurance vie;

  • Remboursement de prime d’une police d’assurance;

  • Dons;

  • Héritages (imposable dans la dernière déclaration du défunt, mais pas pour le bénéficiaire);

  • Supplément de revenu garanti (SRG, extension à la PSV pour les retraités à très faible revenu).

Comprendre l’imposition de ces différentes sources est essentiel pour structurer un plan de décaissement efficace.

Dans la prochaine section, nous explorerons les déductions et crédits d’impôt essentiels pour optimiser votre retraite.

Les déductions et crédits d’impôts importants

Il existe des déductions et des crédits d’impôts qui permettent d’alléger votre fardeau fiscal pendant la retraite.

Bien comprendre ces mesures est important avant de se lancer dans la gestion du plan de décaissement.

Il importe d’abord de bien distinguer les crédits des déductions.

Déductions vs Crédits d’impôt: Quelle est la différence?

  • Déductions fiscales : Les déductions sont soustraites du revenu total pour obtenir le revenu net. Elles ont pour effet de réduire votre revenu net aux fins de l’impôt et donc conséquemment de réduire votre revenu imposable. Cela a un effet positif sur le calcul de votre impôt puisque ça réduit l’impôt à payer à votre taux marginal le plus élevé. Ainsi, plus votre revenu est élevé, plus vous êtes dans des brackets élevées, plus les déductions fiscales ont de la valeur.

  • Crédits d'impôt : Les crédits d’impôts fonctionnent différemment. Les crédits s’appliquent seulement une fois l’impôt calculé. Ils viennent donc réduire directement l’impôt à payer. Un crédit d’impôt est plus intéressant qu’une déduction à des niveaux de revenus plus bas.

Pendant la retraite, deux crédits d’impôts sont particulièrement intéressants, le crédit en raison de l’âge et le crédit pour revenu de pension admissible.

Au niveau des déductions, normalement, elles se font rare à la retraite à moins que vous ayez un revenu d’emploi ou de bien locatif.

Les crédits prennent donc de la valeur à la retraite. Si on est capable, on devrait éviter de les gaspiller.

Crédit pour revenu de pension admissible

Ce crédit est offert au niveau fédéral et provincial. Au Québec, il est testé en fonction du revenu net, alors qu’au fédéral, il s’applique indépendamment du revenu.

Pour les fins du présent article, je préfère me concentrer sur le crédit fédéral puisque c’est lui qu’on rencontre le plus souvent en pratique.

La crédit fédéral s’applique à vos premiers 2 000$ de revenu de pension admissible.

Les revenus de pension admissibles diffèrent que vous ayez plus ou moins de 65 ans. Voici une liste des revenus de pension les plus communs qui sont admissibles:

  • 65 ans et plus:

    • Rentes reçues d’un fonds de pension d’employeur

    • Retraits du FERR ou d’un FRV (mais pas du REER)

    • Rentes prescrites

  • Moins de 65 ans:

    • Seules les rentes d’un fonds de pension d’employeur sont admissibles.

Notez que les paiements de rentes du RRQ et de la SV de même que les retraits directement du REER ne sont pas considérés comme du revenu de pension admissible. 

Pour qu’un retrait REER se qualifie, vous devez avoir au moins 65 ans et vous devez d’abord convertir votre REER en FERR. Les retraits du FERR sont admissibles à partir de 65 ans.

💡Si vous avez 65 ans et aucun revenu de pension admissible, convertissez au moins 2 000 $ de votre REER en FERR et retirez cette somme pour bénéficier du crédit. Cela peut vous faire économiser jusqu'à 251 $ en impôts par an.

Fonctionnement du crédit pour revenu de pension

Montant pour revenus de retraite et montant pour revenu de pension en fonction du revenu, année d’imposition 2024

Source: Chaire en fiscalité et en finances publiques (CFFP)

Crédit en raison de l’âge

Disponible à partir de 65 ans, ce crédit est offert tant au fédéral qu’au Québec, avec des calculs légèrement différents.

Pour les fins de cet article je vais me concentrer sur le crédit fédéral.

Au fédéral, le montant admissible est de 9 025$ en 2025, auquel s’applique un taux de 15%. Le crédit d’impôt maximum est donc de 1 353$ (1 130$ après l’abattement du Québec).

Toutefois, une fois que votre revenu net excède 45 522$ en 2025, le crédit en raison de l’âge commence à être réduit jusqu’à être totalement éliminé au point où votre revenu net atteint 105 709$.

Fonctionnement du crédit en raison de l'âge

Valeur du crédit d’impôt en raison de l’âge en fonction du revenu net (Fédéral 2024)

Source: Chaire en fiscalité et en finances publiques (CFFP)

Maintenant que vous comprenez comment votre impôt est calculé et que vous connaissez les 2 crédits d’impôt les plus importants, il est temps de voir concrètement comment optimiser votre plan de décaissement.

Gérer votre niveau de revenu imposable

Si vous avez fait vos devoirs avant de prendre votre retraite, vous devriez avoir déterminé le montant d’argent après impôts dont vous avez besoin mensuellement pour soutenir votre style de vie désiré.

Ce montant, c’est votre cible de revenu.

La clé pour atteindre votre cible de revenu de façon efficiente fiscalement est d’organiser vos différentes sources de revenu de sorte à ce que vous soyez capable de garder votre niveau de revenu net (et/ou revenu imposable) relativement stable dans le temps.

Les planificateurs financiers spécialisés en planification du revenu de retraite surveillent le niveau de revenu imposable religieusement.

Si votre planificateur n’est pas capable de vous expliquer clairement comment vos revenus sont organisés de façon à minimiser vos impôts sur la durée de la retraite, je considère ça comme un “red flag”.

Le niveau de revenu imposable “idéal”

En 2025, pour une personne âgée de 65 ans et plus, le “sweet spot” théorique en terme de revenu net annuel est de 45 522$.

Pourquoi?

Lorsque le revenu net excède ce niveau, le crédit en raison de l’âge commence à être réduit.

Donc, en gardant votre revenu en dessous du seuil de réduction du crédit en raison de l’âge, vous pouvez profiter de ce crédit d’impôt dans sa totalité.

Toutefois, la réalité est différente pour beaucoup de retraités.

Souvent les retraités de 65 ans et plus vont perdre une partie, voire même la totalité de ce crédit simplement parce que le revenu net dépasse le seuil de réduction.

La clé est de ne pas perdre plus que nécessaire aujourd’hui ou dans le futur.

Et pour y parvenir, l’objectif devrait être de maintenir le niveau de revenu imposable relativement stable dans le temps.

La stratégie de retrait REER peut y jouer pour beaucoup.

Trouver VOTRE niveau de revenu imposable optimal

En cherchant à éviter de payer plus d’impôt que nécessaire, il faut déterminer le niveau de revenu pleinement imposable optimal à cibler annuellement.

Il est aussi nécessaire d’examiner ce que vous pourriez faire avant 72 ans pour préserver une plus grande partie de vos crédits d’impôts et éviter que vous soyez propulsé dans une bracket d’impôt supérieur sans aucun contrôle à partir de 72 ans.

Cela peut impliquer de retirer plus de revenus de votre REER plus tôt que vous ne le pensiez.

Cela peut aussi impliquer d’envisager de reporter le début de vos rentes RRQ et SV dans un optique de maximiser vos revenus de rentes et d’amplifier vos occasions de planification fiscale.

Trouver votre niveau de revenu imposable optimal peut sembler facile, mais en réalité c’est une tâche complexe.

Heureusement, nous avons aujourd’hui accès à des logiciels très avancés qui intègrent le système fiscal de façon très précise.

En plus, ces logiciels peuvent même émettre des hypothèses de projection pour tenir compte de facteurs tels que le taux d’augmentation du coût de la vie, le rendement espéré des placements, l’indexation annuelle des tables d’impôt et des mesures socio fiscales, etc.

Par exemple, dans Conquest, un logiciel de planification financière très avancé, une fonctionnalité permet d’identifier avec précision le niveau de revenu imposable optimal pour une personne ou un couple.

Si vous n’avez pas accès à un tel logiciel de planification financière, vous pouvez vous référer à la section “Comment identifier mon niveau de revenu imposable optimal si je n’ai pas accès à un logiciel avancé de planification financière? “ dans le FAQ au bas de l’article.”

Une fois ce niveau identifié, on peut appliquer une stratégie de stratification des revenus.

Stratégie de stratification des revenus

Stratégie de décaissement efficace fiscalement à la retraite

Source: Kristopher Lepage, Pl. Fin.

Première couche: Les sources de revenu pleinement imposables

La stratification des revenus consiste à jeter un coup d’oeil à toutes les différentes sources de revenu qui vous sont disponibles et de déterminer dans quel ordre les utiliser.

En gros, on devrait utiliser les sources de revenu les moins efficaces fiscalement en premier dans les tranches d’imposition inférieures.

Pourquoi?

Souvenez-vous que le système d’impôt canadien est progressif. Les premiers dollars de revenus gagnés sont imposés à des taux inférieurs aux derniers dollars gagnés.

Retraits stratégiques du REER

Comme on le sait déjà, les retraits REER sont pleinement imposables.

Si vous êtes capable de débuter votre année fiscale avec un revenu de 0$, vous avez l’occasion de retirer 16 129$ de votre REER libre d’impôt. Les 2 442$ suivants sont seulement imposés à 12,53%, les 34 684$ suivants à 26,53% et les 4 120$ suivants à 31,53%.

D’où l’importance de fortement songer à reporter le début de vos rentes RRQ et SV.

Non seulement le report vous offre une bonification de vos rentes, mais en reportant vos rentes, vos revenus imposables sont plus bas pendant les premières années de la retraite.

Cela signifie que vous avez l’occasion de sortir un plus gros montant de votre REER dans les tranches d’imposition inférieures.

Par exemple, si vos rentes vous donnent 30 000$/an et que vous les commencez dès le début de votre retraite (65 ans), votre occasion de retirer du REER à un faible taux d’imposition est drastiquement réduite. La totalité du retrait REER est imposé à un taux de 26,53%.

À l’inverse, si vous décidez de reporter vos rentes RRQ et SV jusqu’à 70 ans, vous obtiendrez une bonification de 42% à vie pour le RRQ et de 36% à vie pour la PSV. Votre besoin de revenu demeure à 50 000$, alors plutôt que de retirer 20 000$ de votre REER, vous retirez 50 000$ de votre REER. Les 16 129 premiers dollars retirés du REER sont non imposables car vous n’avez aucun revenu de base. Les 2 442$ suivants sont seulement imposables à 12,53%. Le reste est imposable à 26,53%.

On vient de créer un double avantage: bonification des rentes et retrait REER fiscalement avantageux.

Il faut aussi penser à plus tard! Si vous retirez trop peu de REER avant 72 ans, vous risquez d’être propulsé dans une tranche supplémentaire quand les retraits minimums FERR vont commencer. Alors, une bonne partie de vos retraits REER pourraient, obligatoirement et sans aucun contrôle, être imposés à 36,12%. D’autant plus, que vous pourriez perdre la totalité de vos crédits d’impôts et dans des cas un peu plus extrêmes devoir rembourser une partie des paiements de SV reçus.

Comprenez-vous maintenant pourquoi il est important de contrôler votre niveau de revenu imposable dès le début de votre retraite?

Bon, maintenant, je sais ce que vous vous dites probablement: Tout ça est bien beau Kristopher, mais si mon niveau de revenu imposable optimal est de 55 000$ et que j’ai besoin de 80 000$ pour mon style de vie, qu’est-ce que je fais?

Excellente question…

On tombe alors au 2e niveau de stratification. 

Deuxième couche: Combler ce qui manque avec des revenus plus efficaces fiscalement

Si vous avez fait vos devoirs, vous avez identifié votre niveau de revenu pleinement imposable optimal.

Cela correspond à la tranche d’imposition cible pour votre revenu pleinement imposable.

Chaque dollars supplémentaire que vous avez besoin de retirer, et qui excède ce niveau, devrait être prélevé dans vos sources de revenus qui offrent un traitement fiscal préférentiel.

Par exemple, vous avez besoin de 80 000$ brut pour couvrir votre style de vie et que votre tranche cible est seulement de 55 000$, alors, vous complétez les 25 000$ manquants avec vos autres sources de revenu plus efficaces.

Si votre unique autre source de revenu est le CELI, alors le travail est simple. Vous complétez votre revenu avec le CELI.

Si vous atteignez un point ou la totalité du CELI est épuisé, alors vous serez forcé de débuter le versement de vos rentes RRQ et SV pour compléter vos revenus.

Vous pouvez aussi décider de travailler un peu pour vous donner la latitude de reporter vos rentes encore plus longtemps et ainsi obtenir une bonification encore plus importante.

Si vous avez également des placements non enregistrés, alors le travail se complexifie.

Si vous avez des placements non enregistrés

On devrait chercher à épuiser les placements non enregistrés pour compléter le revenu avant de toucher au CELI.

Le défis ici est que les placements non enregistrés peuvent générer différents types de revenus comme on l’a vu précédemment (intérêts, dividendes, gains en capital).

Dans une perspective d’efficacité fiscale, il est normalement préférable de choisir des placements qui produisent des revenus sous forme de gain en capital plutôt que du revenu d’intérêt et des dividendes.

Le revenu d’intérêt et les dividendes étrangers, ne sont pas du tout efficaces. C’est pleinement imposable comme le REER.

Dans les tranches d’impôts inférieures, les dividendes canadiens peuvent sembler plus efficaces fiscalement que le gain en capital à cause du crédit d’impôt qui est accordé.

Toutefois, souvenez-vous que les dividendes sont majorés dans le calcul de votre revenu net. L’objectif est de garder le revenu net bas, pas de le gonfler artificiellement.

Bref, dans la plupart des cas, l’idéal est de détenir dans vos comptes non enregistrés des placements qui génèrent des gains en capital.

Au besoin, on complète le revenu en vendant des titres qui ont bien performés, ce qui génère du gain en capital.

Seulement 50% du gain s’ajoute à votre revenu imposable.

Si certains de vos titres ont réalisé des pertes vous avez aussi l’option de les vendre et de réaliser une perte en capital qui compensera le gain en capital.

Ne pensez pas seulement à la fiscalité!

Toutefois, on a un petit bémol ici. L’optimisation fiscale c’est bien beau, mais il faut aussi penser aux autres morceaux du puzzle de retraite, le risque de séquence de rendement.

Dans un plan d’investissement de retraite bien structuré, on devrait avoir une stratégie en place pour gérer le risque de séquence de rendement (risque du marché).

Personnellement, j’aime bien suggérer à mes clients de conserver un coffre de guerre de 5-7 ans de cash et d’obligations court terme.

Cela permet de couvrir les besoins en décaissement des 5 à 7 prochaines années avec des instruments de placement sécuritaires au cas où le marché des actions venait à chuter.

Le bémol, c’est que ce coffre de guerre génère purement du revenu d’intérêt.

C’est un tradeoff que je suis prêt à accepter.

L’optimisation fiscale c’est bien beau, mais je préfère de loin sécuriser le revenu (le chèque de paie) de mes clients.

Par exemple, si vous avez besoin de décaisser 5 000$/an de vos placements non enregistrés pour compléter votre revenu, vous pourriez conserver un coffre de guerre de 25 000$ à 35 000$ et mettre l’excédent du solde des placements non enregistrés dans des titres de croissance.

Dans cet exemple, si on suppose un taux d’intérêt de 4%. On parle de seulement 1 000$ d’intérêt sur le 25 000$. Ce n’est vraiment pas la fin du monde…

Gérer votre revenu imposable à la retraite est une stratégie essentielle pour minimiser l'impôt et maximiser votre patrimoine.

Le résultat d’un bon plan de retrait REER

Projection de la valeur nette REER, CELI, NE.PNG

Projection de la valeur nette - Stratégie de décaissement optimisée

Dans cette projection de retraite sur 30 ans, on peut remarquer une inversion de tendance dans la valeur des actifs producteurs de revenus. Au départ, la majorité des actifs était dans le REER et on avait très peu de CELI et de placements non enregistré en comparaison. En appliquant la stratégie de stratification, cela implique de retirer beaucoup de REER et de réinvestir les surplus dans le CELI et le NE qui sont beaucoup plus efficace fiscalement. En d’autres termes, on défiscalise graduellement le REER. C’est très avantageux fiscalement pour vous pendant votre vie active et ce l’est tout autant pour votre succession.

La gestion du revenu imposable dans un couple

Si vous êtes marié ou conjoint de fait, vous disposez peut-être d'une opportunité en or pour réduire votre fardeau fiscal: le fractionnement du revenu de pension.

C’est une mesure qui existe à la fois au fédéral et au Québec.

Cette mesure a été mise en place pour aider les couples retraités à réduire leur fardeau fiscal (très pertinent dans la gestion du revenu imposable!).

En gros, ce choix vous donne l’option d’attribuer une partie (jusqu’à 50%) de vos revenus de pension admissible à votre conjoint.

C’est un choix annuel qui se fait en remplissant votre déclaration d’impôt.

Référez-vous à la section précédente sur le crédit pour revenu de pension pour vous rafraîchir la mémoire sur les revenus de pension qui sont admissibles.

Comment fonctionne le fractionnement?

Si vous décidez de fractionner vos revenus, vous continuez à recevoir les revenus, mais au moment de produire votre déclaration d’impôt, le montant que vous avez choisi de fractionner sera déduit de votre déclaration et ajouté à celle de votre conjoint.

C’est intéressant parce que vous avez l’option d’équilibrer les revenus entre vous deux.

Ça peut permettre au conjoint qui gagne des revenus plus élevés de descendre d’une bracket d’impôt et de récupérer certains avantages socio fiscaux.

Exemple concret de fractionnement de revenu

Prenons l’exemple de Pierre et Marie:

Pierre a un fonds de pension. Ses revenus de retraite sont donc très élevés. Ses revenus annuels tournent autour de 120 000$/an.

Marie a été mère au foyer une bonne partie de sa vie. Elle n’a donc accumulé qu’un très petit montant de placements pour sa retraite et elle a à peine contribué au RRQ. Ce faisant, ses revenus de retraite sont beaucoup plus bas que Pierre. Elle devrait recevoir environ 20 000$/an combiné du RRQ et de la SV.

Pierre a 63 ans. Seule la prestation de son fonds de pension compte pour du revenu de pension admissible.

Supposons que Pierre a fait ses devoirs et qu’il a reporté ses rentes RRQ et SV. Son revenu de 120 000$ provient donc uniquement de son fonds de pension.

Il peut fractionner jusqu’à 50% (60 000$) de ce montant avec Marie.

Pour égaliser leurs revenus, Pierre devrait fractionner 50 000$ avec Marie. Ainsi, Marie et Pierre auront chacun un revenu net de 70 000$ sur leur déclaration de revenus.

Sans fractionnement, Pierre et Marie auraient dû payer conjointement environ 35 700$ en impôts.

Avec le fractionnement, leur facture d’impôt conjointe ne serait que de 31 264$.

D’autant plus que le fractionnement permet de multiplier le crédit d’impôt pour revenu de pension.

En effet, Marie n’avait aucun revenu de pension admissible avant le fractionnement. Elle ne pouvait donc pas profiter du crédit.

Suite au fractionnement, une partie des revenus de pension admissible de Pierre lui sont attribués. Elle devient donc admissible à ce crédit. On parle d’une économie d’impôt supplémentaire de quelques centaines de dollars. Pas mal du tout!

Si vous êtes en couple, ne négligez jamais le pouvoir du fractionnement de revenu.

Dans la pratique, avant de déterminer le niveau de revenu imposable optimal pour un couple, je procède toujours d’abord à un ajustement des revenus entre les deux conjoints en appliquant le maximum de fractionnement possible pour équilibrer la situation fiscale des deux conjoints.

Si les revenus sont parfaitement équilibrés, le niveau de revenu imposable cible sera le même d’un conjoint à l’autre.

N’oubliez pas de provisionner vos impôts!

Pendant votre vie active, payer vos impôts était probablement très simple : ils étaient prélevés à la source sur votre salaire.

À la retraite, la donne change : l’impôt n’est plus automatiquement retenu sur l’ensemble de vos revenus. Il vous incombe donc de prévoir et de provisionner les montants à payer pour éviter toutes mauvaises surprises.

Cette responsabilité vous revient. Les institutions et les gouvernements ne sont pas responsables de s’assurer que vous déduisez le montant d’impôt adéquat. Un bon conseiller peut assister dans cette tâche.

Pourquoi est-ce crucial?

Si vous n’anticipez pas correctement votre impôt, vous risquez de recevoir une facture salée au printemps, sans la liquidité nécessaire pour la payer.

Cela pourrait vous forcer à décaisser des fonds imprévus de votre REER ou d’autres comptes, ce qui pourrait être fiscalement inefficace.

Comment bien provisionner?

1. Estimez vos impôts à payer:

  • Faites une projection de votre revenu imposable annuel.

  • Identifiez combien d’impôt vous devrez payer.

2. Ajustez vos retenues à la source:

  • Vous pouvez demander des retenues d’impôt directement sur vos paiements du RRQ et de la SV.

  • Les institutions appliquent une retenue à la source pour les retraits de REER, FERR et FRV, mais attention : les retraits minimums du FERR ne sont pas automatiquement soumis à une retenue. Plus vous êtes âgé, plus ce montant augmente, ce qui peut entraîner un impôt à payer plus important en fin d’année.

Retenues à la source sur les retraits REER

Taux de retenue effectué directement à la source sur les retraits REER.

Source: Gouvernement du Canada

3. Mettez de côté la différence:

  • Une fois que vous connaissez l'impôt estimé et les retenues à la source déjà appliquées, assurez-vous de mettre de côté la différence d’ici la fin de l’année.

💡Par souci de simplicité, je suggère souvent à mes clients de demander des retenues à la source là où c’est possible.

C’est un sujet que j’aborderai plus en détail dans un futur article.

Étude de cas: Stratégie de décaissement à la retraite

Pour clôre le tout, je suggère d’aller voir une analyse de cas pour consolider vos connaissances et voir comment tout ce qu’on a vu peut s’intégrer en pratique.

Profil de Martin et Nathalie

  • Âges : Martin, 65 ans | Nathalie, 62 ans

  • Besoin net annuel : 72 000 $ (6 000 $/mois)

  • Ils ont beaucoup de REER, leurs CELI sont plein et ils ont des placements non enregistrés

Étapes clés de leur plan

1. Retrait des REER avant 72 ans

Martin et Nathalie ont accumulé une importante épargne dans leurs REER.

Pour éviter une surcharge fiscale plus tard, ils choisissent de reporter leurs rentes RRQ et SV et de retirer en priorité leurs REER à faible taux d’imposition.

  • Ils ont identifié leur niveau optimal de revenu imposable. Chacun devrait viser un revenu pleinement imposable équivalent à la 2e bracket du fédéral (57 375$).

  • Chaque année, ils retirent 57 375 $ chacun de leur REER pour atteindre la cible de revenu imposable. 

2. Conversion immédiate en FERR

Sachant qu’ils retireront toujours plus que le minimum, ils convertissent immédiatement leurs REER en FERR.

Puisque Martin a 65 ans, il peut profiter du crédit d’impôt pour revenu de pension admissible sur ses retraits FERR. 

Nathalie n’a pas encore 65 ans, elle ne peut donc pas profiter de ce crédit par elle-même.

Toutefois, Martin peut lui attribuer une partie de ses revenus FERR pour qu’elle se qualifie au crédit elle aussi.

3. Utilisation stratégique des surplus

Leur décaissement FERR couvre largement leurs besoins mensuels.

Que font-ils des surplus ?

Ils utilisent les surplus du décaissement FERR pour maximiser leurs nouveaux droits CELI annuels (7 000$ chacun en 2025). 

S’ils ont encore des surplus, ils vont les investir dans leurs placements non enregistrés.

Ils prennent soin de conserver 20 000$ en liquidités dans leur compte non enregistré en cas d’urgence.

Le reste de leurs placements non enregistrés sont investi dans des titres de croissance qui génèrent majoritairement du gain en capital.

4. Transition après épuisement des REER

Lorsque leur REER sera épuisé, ils vont pouvoir commencer à retirer leur RRQ et leur SV pour compléter leurs revenus.

5. Optimisation à long terme du CELI

Le CELI est le dernier compte qu’on veut toucher.

Puisqu’on ne compte pas y toucher avant longtemps, le CELI est entièrement investi en actions. Cela permet d’accumuler un actif important complètement libre d’impôt. 

Au décès, le CELI sera entièrement transférable sans aucun impôts aux héritiers, ce qui en fait un outil puissant pour la planification successorale.

Résultats de la stratégie de décaissement

✔️Bonification de leurs rentes RRQ et SV

✔️Amélioration de la longévité du plan

✔️Diminution considérable des impôts à payer sur les retraits REER

✔️Accumulation d’une grosse somme libre d’impôt dans le CELI, susceptible de considérablement bonifier leur succession. 

✔️Diminution du passif d’impôt global sur la durée de la retraite

Prenez le contrôle de votre retraite

Voilà! Vous avez tout ce qui vous faut pour établir les bases de votre plan de décaissement. 

N’oubliez pas que la planification fiscale n’est qu’une partie d’un bon plan de retraite.

Votre plan devrait aussi guider la structure de vos investissements, vous protéger des différents risques, tenir compte des enjeux de planification successorale et plus encore. 

Vous avez une seule chance pour une bonne retraite.

Assurez-vous de bien jouer vos cartes ou que la personne qui les jouent pour vous sachent vraiment ce qu’elle fait. 

À une retraite réussie, 


Avertissement: Cet article est uniquement destiné à des fins éducatives et de divertissement. Rien de tout cela ne doit être considéré comme un conseil fiscal. Avant de faire quoi que ce soit, parlez à un professionnel qualifié.


FAQ - Planification du revenu de retraite

  • Le point d’équilibre fiscal qu’on cherche à atteindre dépend de votre situation financière actuelle et future.

    Idéalement, il faut tenir compte de l’évolution de vos actifs, de vos revenus et de vos besoins. 

    Les logiciels de planification financière avancés comme Conquest et Snap Projection permettent une analyse beaucoup plus détaillée pour les raisons suivantes:

    • Ils intègrent le système fiscal canadien dans son ensemble;

    • Ils permettent de projeter votre situation financière à travers le temps;

    • Ils ont des fonctionnalités de solveur qui permettent de calculer avec précision le niveau de revenu imposable à cibler pour niveler l’imposition sur la durée de la retraite;

    • Ils permettent de réajuster facilement le plan annuellement.

    Ce qui rend l’utilisation de ces logiciels très puissant est qu’ils permettent de jeter un coup d'œil à travers la fenêtre de chaque années futures individuellement.

    Par exemple, avec Conquest, en fonction de la stratégie sélectionnée, on peut voir le montant de revenu imposable auquel on peut s’attendre d’avoir à 72 ans quand les retraits minimums vont commencer.

    Ensuite, on peut utiliser les fonctionnalités du solveur pour déterminer le niveau de revenu imposable qui permet de garder le taux d’imposition des revenus relativement stable dans le temps. 

    Sans ces logiciels, il est difficile de tenir compte de l’évolution de votre situation financière. Beaucoup trop de facteurs entrent en jeu: l’inflation, rendement, indexation des tables d’impôt et des mesures socio fiscales, évolution du RRQ et de la SV, etc. 

    S’il faut se débrouiller seul, le calcul du revenu imposable devra probablement se limiter à un horizon uni-temporel. On pourrait procéder à la méthode du “bracket topping”. 

    La stratégie fiscale du "bracket topping" consiste à maximiser votre revenu imposable dans une tranche d’imposition spécifique sans passer dans la tranche supérieure.

    L’objectif est d’exploiter au maximum une tranche d’imposition relativement basse pour optimiser sa fiscalité et éviter de tomber dans des brackets d’impositions plus élevées plus tard (surtout quand les retraits minimums du FERR vont commencer). 

    Voici les étapes que vous pouvez suivre:

    1. Identifiez votre revenu imposable actuel (si vous reportez vos rentes RRQ et SV et que vous n’avez pas de fonds de pension, il est possible que vous commencez l’année à 0$). 

    2. Regardez où vous vous situez dans votre tranche actuelle et combien il reste avant de passer à la tranche suivante.

    3. Si vous êtes sous le plafond d’une tranche, vous pouvez utiliser des stratégies pour maximiser votre revenu imposable sans dépasser la tranche actuelle. Généralement, on va sortir du REER pour atteindre le seuil de la tranche. 

    4. Si le montant de retrait REER nécessaire pour atteindre le plafond de votre tranche vous laisse avec un revenu net d’impôt supérieur à ce que vous avez besoin, vous pouvez réinvestir le surplus dans votre CELI ou vos placements non enregistrés. 

    Pour la plupart des québécois, on devrait chercher à atteindre environ la 2e bracket du Québec (53 255$ en 2025) ou la 2e bracket du fédéral (57 375$ en 2025). Certains ménages plus aisés pourraient même chercher à atteindre la 3e bracket du Québec (106 495$). 

    Par exemple, si votre revenu imposable est de 30 000$, vous pouvez gagner encore 23 255$ avant de passer dans la prochaine tranche.

    Si vous avez beaucoup de REER, il est possible que ce soit un enjeu à 72 ans quand vos retraits minimums vont commencer.

    Vous pourriez être propulsé dans une tranche d'imposition plus élevée sans aucun contrôle.

    Vous devriez probablement commencer à faire fondre votre REER graduellement pour éviter cela. Vous avez l’occasion de sortir 23 255$ de votre REER à un faible taux d'imposition de 26,53%. 

    Encore une fois, cette méthode peut dépanner, mais elle n’est pas parfaite. On néglige de tenir compte des crédits d’impôts et il est difficile d’avoir un portrait précis de ce à quoi votre situation financière devrait ressembler dans 10,20,30 ans.


  • Si vous attendez trop longtemps, à 72 ans, vous serez obligé de convertir votre REER en FERR et de commencer à retirer des montants minimums obligatoires imposables.

    À ce moment, si votre solde de REER est important, le retrait minimum FERR pourrait vous propulser dans une tranche d’imposition plus élevée et entraîner une perte de certains avantages fiscaux. 


  • Absolument ! Un bon plan est évolutif. Vous devriez réévaluer votre situation annuellement en fonction de votre état de santé, de vos besoins financiers et des changements fiscaux.


  • Les conseillers qui détiennent le titre de planificateur financier sont très bien formés en planification de la retraite. 

    Toutefois, la plupart des planificateurs ont tendance à se concentrer sur l’accumulation d’actif. La compétence en matière de planification du revenu de retraite (décaissement) est assez rare. 

    Si vous cherchez l’assistance d’un planificateur financier, assurez-vous que celui-ci est compétent dans le domaine du décaissement. 

    Le décaissement est un art et une science complètement différent du type de planification nécessaire pendant les années d’accumulation. 

    Voici quelques questions que vous devriez poser en entrevu:

    • Avec quels types de clients travaillez-vous et combien de clients avez-vous? 

    • Quelle est votre stratégie pour gérer les investissements pendant la retraite? 

    • Comment allez-vous vous assurer que je paie ma juste part d’impôt pendant mon décaissement? 

    • Allez-vous mettre à jour mon plan de décaissement annuellement? 

    Si la personne devant vous n’est pas capable de vous expliquer son processus dans des termes clairs, je considère que c’est un “red flag”. 

    Dans mon équipe, nous travaillons principalement avec les investisseurs de plus de 50 ans qui sont retraités ou proches de l’être et nous les aidons à préparer leur retraite. 

    Nous offrons une évaluation de retraite gratuite et sans aucun engagement pour vous aider à évaluer nos services. 

    Vous pouvez obtenir plus de détails en cliquant ici.


  • Pas nécessairement. Retarder vos rentes bonifie vos prestations, mais si vous avez un besoin immédiat de liquidités ou une espérance de vie plus courte, il peut être plus avantageux de les prendre plus tôt.

    Ceci étant dit, pour la grande majorité des gens, c’est un choix sensé. 

    Voici un très beau cahier publier par L’UQTR qui aborde le sujet plus en détail: Le choix du RRQ: Le pari du perdant ravi


  • il n’y a aucun impôt à payer pour les 16 129 premiers dollars gagnés. C’est ce qu’on appelle le crédit d’impôt personnel de base.

    Si vous reportez vos rentes RRQ et SV et que vous n’avez aucun autres revenus, alors vous débutez l’année fiscale à 0$.

    Alors, les premiers 16 129$ que vous sortez de votre REER sont libre d’impôt.

  • Oui! Vous pouvez cotiser à un REER jusqu'au 31 décembre de l’année de vos 71 ans.

    Après ça, vous devrez obligatoirement convertir votre REER en FERR et il n’est pas possible de cotiser au FERR.

    N’oubliez pas de valider si vous avez des droits de cotisation disponibles!

    Généralement, il n’est pas recommandé de cotiser au REER pendant la retraite. On devrait plutôt chercher à faire l’inverse (retirer).

    Toutefois, certaines circonstances pourraient faire en sorte que ce soit pertinent.

    Par exemple, si vous vendez une résidence secondaire, vous pourriez réaliser un gain en capital considérable. Alors, s’il vous reste des droits, vous pourriez envisager de cotiser au REER pour compenser en partie (ou en totalité) le gain en capital imposable.

    Une alternative est possible après 71 ans. Si votre conjoint(e) a moins de 71 ans, vous pouvez cotiser au REER de conjoint.

 

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Kristopher Lepage

Salut! Je suis planifiateur financier et je me spécialise à aider les personnes de 50 ans et plus déjà retraités (ou proches de l’être à réduire leurs impôts et à créer un chèque de paie fiable et durable pendant toute la retraite. Lorsque je n’aide pas mes clients à réduire leurs impôts, vous pouvez me trouver en train d’écrire des articles pour aider plus de québécois à mieux planifier leur retraite.

https://kristopherlepage.com
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